MARIANA CHELKHOVA
RECHERCHE MUSICALES ET ARTISTIQUES
Date de l'interview
05-07-2002
Source
14 ème Festival International de Colmar
Interview


PM : Depuis quand travaillez-vous pour le Festival International de Colmar ?

M : Je travaille pour le Festival depuis la toute première edition de Vladimir Spivakov en 1989, puisque le Festival existait avec une autre direction artistique.
Au début, mon rôle était presque exclusivement de la traduction et de l'interprétariat.
A partir de 1992, le troisième Festival, j'ai commencé à faire de la recherche musicale et de la recherche documentaire. Depuis 1995, je rédige le programme du Festival, je m'occupe sous la direction de Monsieur Spivakov et de Monsieur Niess de tout le suivi artistique. Je suis chargée du suivi artistique,des négociations avec les artistes par rapport au programme, à leur voyage, à la logistique pour l'ensemble des orchestres et des participants.


PM : Prenez-vous part à l'élaboration du programme ?

M : Je n'interviens pas directement parcequ'il faut savoir que le programme est sous la responsabilité du Directeur Artistique et il choisit l'Hommage.
Mais le Directeur Artistique ne peut pas être le seul à choisir les artistes parcequ'il y a des incidences de budget, des contraintes financières très importantes, il se peut que le Directeur artistique me demande dans le cadre de mes recherches, un lien avec l'artiste auquel nous rendons hommage par rapport à tel repertoire ou telle oeuvre. Parfois quand l'artiste que Monsieur Spivakov a choisi n'est pas disponible, il me demande ce que je peux suggérer comme alternative.Je classe, j'archive, je receptionne toutes les propositions artistiques, toutefois c'est assez rare parceque Monsieur Spivakov a des idées très précises sur les musiciens qu'il veut faire venir.


PM : Il faut que ces artistes soient disponibles ?

M: La période estivalière est celle où la plupart des musiciens ont des engagements à l'étranger, ils font des tournées ou partent simplement en vacances.Assez souvent, l'artiste a prévu plusieurs années à l'avance ce qui va se passer et n'est pas disponible.

PM : A part le Festival International de Colmar, avez-vous d'autres activités ?

M : Oui, j'ai écrit le Programme des Rencontres Musicales d'Evian, malheureusement Le Festival n'existe plus, il a été supprimé en 2001. Depuis 3 ans, je rédige aussi les programmes Des Rencontres d'Ensemble de Violoncelle de Beauvais, je fais la recherche et la rédaction.
C'est un repertoire différent car axé sur la création contemporaine.


PM : Où vivez-vous ? Où trouvez-vous les documents ? Vous servez-vous d'Internet ?

M : Je réside à temps complet à Colmar mais je me déplace à Paris pour mes recherches.
Certains fonds sont très interessants à la Bibliothèque Universitaire de Strasbourg mais la centralisation fait que les fonds les plus interessants sont concentrés à la BIblioithèque Musicale Gustave Mahler à Paris.Dans le temps j'ai beaucoup travaillé à l'IRCAM.
Quand il y a une recherche très particulière, je me documente à la Bibliothèque Nationale.
Il y a aussi la Bibliothèque Musicale de Radio France qui possède des documents assez rares, particulièrement en ce qui concerne les interprètes.Il y a une très grande discothèque musicale.La Cité de la Musique, je m'y déplace plus rarement car comme l'Ircam, ils sont plus axés sur la musique contemporaine. Avec internet tous les dossiers sont numérisés c'est une collaboration très agréable.Je dois saluer tous ces gens qui font des recherches car il y a un très grand esprit d'entraide et de solidarité.Les renseignements me parviennent par voie electronique.Aux Etats-Unis dans certains centres de recherches tout est numérisé depuis longtemps.On fait sa demande et grâce au courrier electronique la réponse vous parvient immédiatement.Je me sers d'Internet mais je fais rarement des demandes à l'étranger.
J'ai eu plusieurs fois l'occasion de travailler avec l'Académie Royale Musicale de Londres, avec celle de Bruxelles qui a de très très beaux fonds notamment sur les compositeurs et sur les artistes Belges. J'ai moins travaillé avec les Etats-Unis, sauf pour les compositeurs Americains.C'est vrai que pour mes recherches, je me sers d'Internet, c'est un outil fabuleux, mais qui présente un inconvénient majeur : à part certains sites où j'ai une confiance absolue, il y a des sites où on trouve des erreurs de dates, il faut donc toujours verifier l'information.
J'ai été formée à la culture papier, j'ai par consequent plus confiance dans une encyclopédie.
Certains sites de compositeurs contemporains sont faits de manière incomparable par leur maison d'edition, et sont extrêmement complet.Il y a aussi des sites de particuliers passionnés par un compositeur, quelques fois moins connu et là on peut trouver des informations très interessantes mais toujours à vérifier.


PM : Vous documentez-vous également en Russie ?

M : Je n'ai pas été directement confrontée à cette demande car en ce qui concerne les grands compositeurs russes comme Tchaïkovski, Rachmaninoff, Chostakovitch, il existe une très abondante documentation. Il y a un Centre Chostakovitch à Paris.Pour les compositeurs comme Rachmaninoff ou Stravinsky, ayant vécu en immigration, il y a ici une abondante documentation.
Les membres de ma famille vivants en Russie m'achètent des livres dont je peux me servir pour mes recherches. C'est donc dans des cas très très particulier qu'il m'est arrivé de leur demander ou de demander à des amis de faire des recherches mais je n'ai jamais eu à contacter officiellement le Conservatoire Tchaïkovsky ou un autre Centre.



PM : Quelle est votre formation ? Etes-vous musicienne vous-même ?
 
M : Malheureusement pas, ma mère est musicienne et dans sa famille tout le monde est musicien, on a commencé à me faire apprendre le piano mais mes parents ont eu l'intelligence de comprendre que je n'allais pas devenir un futur Richter ou un Kissin et la torture a été stoppée mais j'ai toujours grandi dans un milieu de musiciens.
J'ai une double formation d'Historienne de de Philologue en lettres et en Histoire comparative et ma spécialité c'est l'histoire de la culture, l'histoire des idées et l'histoire de la musique.
Je suis venue en France à l'âge de 19 ans, j'ai donc pratiquement fait toutes mes études supérieurs en France, je rédige donc correctement en Français.


 
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