ALBATROS (FILM DOCUMENTAIRE)
L’AVENTURE CINéMATOGRAPHIQUE DES RUSSES BLANCS à PARIS
Lieu de projection
Auditorium du Centre Culturel et Spirituel Orthodoxe russes à Paris 1 quai Branly - Paris 75007 - M° Alma-Marceau
Dates de programmation

Le 4 décembre à 20h

 
A propos
Réalisateur : Alexandre Moix- Diffuseur : Chaîne HISTOIRE

Dans la nuit du 8 février 1920 à Yalta,un groupe de cinéastes russes embarque clandestinement
sur un cargo en partance pour la France. Ce sont des «Russes Blancs» qui fuient la terreur bolchévique qui leur interdit désormais d’exercer leur métier librement.

En effet, au lendemain de la révolution d’octobre 1917, le cinéma russe, jusque-là très vaillant, traverse une période trouble. Lénine menace de le nationaliser et le blocus du pays par les occidentaux empêche l’approvisionnement en pellicule. Finalement, le 27 août 1919, Lénine signe l’arrêt de mort du cinéma en le mettant sous tutelle et en en faisant une arme de propagande au service de l’Etat Soviétique.

Pour  Joseph Ermoliev, directeur général de Pathé en Russie et de son propre studio à Moscou, c’est une catastrophe.
A bord du bateau se trouvent les producteurs de cinéma, réalisateurs, acteurs, actrices, scénaristes, cameramen, décorateurs, costumiers... A leur arrivée ils s’installent à Montreuil
près de Paris, dans un studio désaffecté appartenant à
la société Pathé

Chassés de leur pays, privés de leurs attaches, ces hommes et ces femmes se regroupent et se
réconfortent dans la chaleur de leurs «âmes russes»
Pour se reconstruire, ils vont devoir s’affranchir de leur identité d’origine, trouver la force de s’ouvrir à une nouvelle culture, l’embrasser et se faire adopter par un autre pays, la France.
C’est ainsi que la société Les Films Albatros voit le jour.

L’actrice Nathalie Lissenko et l’acteur Ivan Mosjoukine qui deviendront bientôt les plus grandes stars du cinéma français décrivent cette épopée dans leurs mémoires : «Nous réussîmes à nous glisser à bord d’un bateau en partance pour Constantinople. Nous n’avions pas de bagages et le peu d’or que nous emportions se trouvait dans les talons de nos souliers».

Tous emportent également leur culture et leur talent. Au cours de cette traversée qui va durer plusieurs semaines et qui les conduira jusqu’à Marseille, les exilés travaillent, élaborent des scénarios et commencent même à tourner un film qu’ils achèveront une fois arrivés en France (Paris en cinq jours de Nicolas Rimsky).

Unis derrière leurs producteurs Josef Ermoliev puis Alexandre Kamenka, ils bâtissent en quelques années un véritable empire cinématographique et propulsent au premier rang mondial le cinéma français alors en crise.

Pendant dix ans Les Films Albatros prospèrent, s’exportent dans le monde entier, concurrencent le cinéma Hollywoodien et font connaitre au monde les réalisateurs comme Jean Epstein, Feyder, Marcel L’Herbier, René Clair, Yves Mirande.

Mais en 1930, leur condition d’exilés les rattrape avec l’arrivée du cinéma parlant faisant taire les
voix de leurs acteurs stars, comme Ivan Mosjoukine, dont l’accent russe un peu trop fort ne séduit plus le public. Les Studios Albatros font faillite et sombrent dans l’oubli en laissant derrière eux un héritage précieux inscrit sur la pellicule : des films muets, qui ont imprimé cette mémoire de l’exilé, cette quête existentielle des immigrés russes qui ont su affronter leur exode avec
leur arme : le cinéma.

Informations pratiques
En coproduction avec la chaine "Histoire".
Prochaines diffusions sur cette chaîne :Mardi 5 décembre à 19h40 et Samedi 9 décembre à 8h05
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