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L'ESSENTIEL DU POKER

L'HISTOIRE DU POKER

Le Poker est un jeu de cartes qui fait partie de la famille des jeux dits « de renvi », c’est-à-dire d’enchères et de surenchères. Supprimez les enchères et ces jeux n’ont plus de raison d’être.

Les jeux de renvi ont existé dès l’apparition des cartes en Europe, vers 1375. Le Glic (chanté par François Villon), le Flux, qui a inspiré le « flush » anglais, le Poch allemand, le Brag anglais, le Prime (Primero en Italie), le Gay (cité par Rabelais), le Brelan, l’Ambigu, L’As-nas, la Poque, la Bouillotte, le Post and pair ou Pink, voilà, dans l’ordre chronologique, les principaux jeux de renvi européens qui ont été joués entre le XIVe et le XXe siècle. C’est autour de ces tables que des sommes importantes, parfois même des fortunes entières, ont changé de mains.

La filiation directe du poker remonte à 1718, fondation de la Nouvelle-Orléans par des colons français qui sont venus s’installer avec armes, bagages et… jeux de cartes. Nul doute qu’à l’embouchure du Mississippi, quand la Bastille tombait à Paris, des colons disputaient, à 7.000 kilomètres de là, des parties enflammées de Brelan et de Poque … qui se prononce d’ailleurs « poki » en anglais… à un cheveu de « poker ». Il est donc fort probable que la Poque soit l’ancêtre direct du poker.

En 1803, Napoléon vend aux Américains le bassin du Mississippi, appelé alors Louisiane. Dès 1812, Fulton lance la première compagnie de steamboats, bateaux à aubes et à vapeur qui desservent les grandes plaines céréalières du centre des Etats-Unis. Très vite le trafic explose, passant de 70 bâtiments en 1820, à 560 vers 1845 et à plus de 700 en 1860.

Mille kilomètres séparent la Nouvelle Orléans de Louisville, sur l’Ohio. Les trajets en steamboats sont longs et pénibles pour les voyageurs. Des fermiers et des « gentlemen » louches passent le temps en tapant le carton. Très vite un jeu se développe, appelé « bluff », qui se joue à 4 joueurs et 20 cartes, chaque joueur recevant 5 cartes. Les enchères ont lieu une seule fois par coup. C’est déjà du poker avant la lettre.

Un témoin d’avant la guerre de sécession (1861) raconte, dans Poker Stories de Lilliard (1896) :

« Chacun de ces planteurs avait une fortune en poche sans vraiment savoir ce qu’argent voulait dire. Et évidemment, certains étaient de satanés joueurs. (…) Il y avait toujours une partie de cartes à bord, généralement du poker, et les joueurs en question étaient rarement gagnants. J’ai souvent vu mille dollars changer de mains sur un seul coup, d’autant qu’il n’y avait aucun plafond d’enjeu en-dehors de l’argent que le joueur pouvait montrer. Il n’était pas possible de le relancer au-delà de cette somme. Ces hommes rudes étaient également équipés d’armes blanches et de revolvers, et il n’était pas rare d’entendre parler la poudre. »

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